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A Brief History of Yield in Champagne

Words by Antoine Hugot

Original version in French below


A Brief History of Yield in Champagne


As we begin the month of August, with the 2020 harvest only days away, grapes are fast changing colour and resisting the high temperatures and drought as best they can, straining the reserves of water stored deep in the chalk below.


Following in the footsteps of the beautiful year that was 2018, the grape growers all agree that the yield could be colossal (for example Villers-Marmery estimates its yield at 12 254 kg/ha in average)[1] until 16 000 kg/ha for most of different villages. So much so that many have already been through their green harvest so optimise ripeness in these strange economic times.


In the history of Champagne, this is very unusual. After World War II, the production of wine increased steadily due to two main reasons: the number of hectares planted with vines increased, and the production per hectare increased as well. With more land planted and more grapes being harvested from the 1950s onwards, the market has grown substantially in France and abroad.


On one side, the expansion of the vineyard is due to the uprooting of the post-phylloxera vines and the two World Wars. Only 11,400 hectares were replanted and were all planted in rows called "vines layering system", compared to 60,000 hectares planted in a high density system (in French :'en foule') at the end of the XIXth century. The creation of the AOC Champagne in 1927 encouraged growth but also technological advances and investment like the straddle tractor to replace horses and work the vines twice as fast, and cover more land.

Vines planted in a high density system (En Foule in French)


On the other side, the vineyard grew in production per hectare, going from an average of 5,000kg per hectare in 1950 to almost 11,500kg at the end of the naughties. Clonal selection, fertilizers and chemical treatments to encourage better vine growth and health until the late harvests all contributed to this evolution. In 1970 we see record yields at 13,900kg per hectare and again in 1982 with over 16,000kg per hectare, and more recently in 2018 with 18,200kg per hectare![2].


Vines planted in rows called "layering system" (Photo : Cramant, Grand Cru)


This is why, from 1993 onwards the AOC Champagne is forced to respect a base yield of 10,400kg per hectare which is regulated by the Comité National des Vins et eaux-de-vies de l’INAO. One year later another decree is issued which limites the maximal amount of yield which can then be sold to 13,000kg, to which some derogations can be made in certain rare circumstances [3]. Between the years of 1980 and 2010 there has also been an increase in average size of grape bunches, from 97g to 140g on average [4].



Chardonnay grapes from Cramant Grand Cru, 5th august 2020


"There has however been a slowing in the growth of vineyard surface since 2011, as 96% of the total appellation is under vine. The only areas not planted are pathways, school yards or cemeteries." [5]


Yield and vines production development between 1950-2017 Author : Martin Cubertafond, “Stratégies et Marketing du Champagne"


Due to these circumstances, yield has flattened out in the last 10 years, with the exception of 2018, which was authorized due to the low yields of the two previous years which were climatically very complex.

Today the general consensus is that maximum yield has been reached, and that any increase from here would put quality of the wines in peril, or staining the vines.

On top off this, since the subprime crisis of 2008, international demand for the king of wines started flailing, particularly in export markets where the margins were healthiest. Since volumes sold have fallen by 40 million bottles with a constant loss of 15 million bottles per years since 2015. With the current COVID-19 crisis, this will not get any better this year despite premiurisation of many producers (Maisons, Cooperatives and Vignerons) over the last 10 years. Experts are saying that the regions sales could decrease by almost 100 million bottles or 1.7 billion euros in 2020. This will incur over stock in the cellars of Champagne. And therefore a lower need for grapes.

So what will be decided for the yield of the 2020 harvest?


After the negotiations of 22 July, no agreement has been made. For the first time in history.


According to the word on the grapevine, houses are requesting a lower yield around 7,000kg to balance out their inventory, whereas growers would like to keep it around the normal 9-10 tonnes. It is important to acknowledge that the houses' request is in line with the volumes they see themselves "capable" of selling once the F&B outlets open up again. The grapegrowers however, who have long term agreements with the houses (of which many were renewed last year), are requesting a larger yield to protect the financial interests of the smaller landowners.

We eagerly await the results of these "heated" negotiations on 18 August.


[1] Estimation de récolte 2020 - VILLERS-MARMERY, Champagne A. Margaine [2] Chiffres de l’Union des Maisons de Champagne : https://maisons-champagne.com/fr/encyclopedies/vendanges-par-millesime/


[3] Art. 4 Décret du 18 avril 1997 modifiant le décret du 17 octobre 1952 relatif à l'appellation d'origine contrôlée << Champagne >> - J.O Numero 97 du 25 Avril 1997 http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=FCEC9700017D https://www.inao.gouv.fr/eng/show_texte/409


[4] Le champagne : de la tradition à la science, Bruno DUTEURTRE, 2010, p. 318


[5] Martin Cubertafond, Martin Cubertafond,“Stratégies et Marketing du Champagne, p. 21


Une histoire de rendement en Champagne...


Le mois d'Août est amorcé ! Nous sommes à la veille de nos vendanges 2020 tant attendues. La vigne, en pleine véraison, résiste aux fortes chaleurs et à la sécheresse tant bien que mal, se nourrissant de ses reserves en eau accumulées durant l’hiver.


Dans la continuité d’une année telle que 2018, les premières constatations sont unanimes les rendements agronomiques sont colossaux (Ex: Villers-Marmery : 12 254 kg/ha)[1] et jusqu'à des moyennes atteignant 16 000 kg/ha pour la plupart des différents crus champenois. Par conséquent, certains vignerons ont d’ores et déjà pratiqué une vendange en vert pour permette d’obtenir de meilleures maturités, compte tenu de la conjoncture économique actuelle.

Pourtant dans l’Histoire champenoise, cela n’a pas toujours été le cas. À la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, la Champagne viticole a connu une croissance accrue en terme de production. Cela tient essentiellement a deux facteurs : la superficie du vignoble et le rendement. En Champagne, ces deux composantes ont fortement augmenté depuis les années 1950, et ce sont elles qui sont à l’origine de la croissance du marché.

D’un côté l’expansion de la superficie viticole champenoise, dès les années 1950, tient essentiellement du fait de l’arrachage des vignes post-phylloxera et des deux guerres mondiales. La Champagne s’est retrouvée avec un nouveau vignoble de 11 400 ha, planté en rangs, contre 60 000 ha à la fin du XIXème siècle, planté en foule. Cette croissance fut possible grâce à la création de l’Aire d’AOC Champagne dès 1927 qui vient encadrer la zone de production du champagne; mais aussi grâce à l’évolution technologique telle que l’apparition de l’enjambeur pour remplacer le cheval et ainsi travailler la vigne deux fois plus vite.

D’un autre côté le vignoble champenois a connu une evolution importante du rendement à l’hectare, passant d’une moyenne 5 000 kg/ha dans les années 1950 à presque 11 500 kg/ha à la fin des années 2000. L’apparition de la sélection clonale, des engrais et traitements chimiques censés favoriser la pousse de la vigne et son état sanitaire jusqu’à la récolte, contribuent tous a cette évolution. On observe alors des rendements agronomiques records dès 1970 avec une moyenne de 13 900 kg/ha, et encore plus en 1982 avec plus de 16 000 kg/ha, ou plus récemment 2018 avec 18 200 kg/ha[2]. Ce pourquoi, dès 1993 l’AOC Champagne est contrainte de respecter un rendement de base de 10 400 kg/ha qui pourra être dépassé ou diminué par une décision du Comité National des Vins et eaux-de-vies de l’INAO. Un second décret viendra, dès l’année suivante, contraindre les champenois de respecter un rendement commercialisable maximal de 13 000 kg/ha auquel des dérogations pourront être autorisées si cela est justifié.[3] De surcroit, on constate qu’entre la fin des années 1980 et la fin des années 2010, la hausse agronomique est aussi liée au poids des grappes passant de 97g à 140g en moyenne.[4]

Cependant la croissance de la superficie du vignoble s’est fortement ralentie depuis dix ans, et elle est quasiment à l’arrêt depuis 2011, car la surface correspondant à l’AOC Champagne est aujourd’hui plantée à 96%. Les seules zones non plantées et qui pourraient l’être sont aujourd’hui des chemins, des cours d’école ou des cimetières.[5]

La croissance des rendements a également connu un coup d’arrêt depuis la fin des années 2000. Dans les circonstances actuelles, la baisse des rendements sur la période 2010-2020, excepté 2018, est la conséquence d'années avec changements climatiques importants, ayant provoqué de faibles récoltes telles que 2016 et 2017. Mais sur le plan structurel, on estime que les rendements, en Champagne, sont arrivés à un plafond et qu’ils ne peuvent plus augmenter sans provoquer une dégradation de la qualité des vins produits ainsi que d’un essoufflement accéléré des rendements à la parcelle de vigne ainsi que de la parcelle en elle-même.

À cela s’ajoute une situation économique tendue depuis la crise dite des “subprimes” en 2008. La Champagne, qui longtemps jouissait d’une belle résonance internationale, a vu la demande s’écroulée notamment à l’export - là où les marges sont les plus importantes. Depuis les volumes commercialisés sont en baisse de près de 40 millions de bouteilles avec une baisse constante depuis 2015 de l’ordre de 15 millions de bouteilles. Cela n’ira pas en s’améliorant cette année encore, malgré l’élan de premieumisation engagé par tous les champenois (Maisons, Coopératives et Vignerons) depuis une dizaine d’années, avec la crise actuelle du COVID-19. Les professionnels affirment que la Champagne pourrait perdre jusqu’à 100 millions de bouteilles ou 1,7 milliard de chiffre d’affaires sur l’année 2020. Cela implique une augmentation considérable des stocks en caves et par conséquent une baisse significative du rendement pour la récolte 2020.

Alors qu’en est-il du rendement à l’hectare de la vendange 2020 ?

Après des négociations tendues le 22 juillet dernier, aucun accord n’est à ce jour trouvé pour la première fois de l’Histoire en Champagne depuis la création de l’AOC en 1927. Les dernières rumeurs indiquent que le négoce souhaiterait une baisse drastique proche de 7 000 kg/ha quand les vignerons seraient désireux d’un rendement plus “classique“, proche de 9-10 000 kg/ha.

Il est nécessaire de comprendre que le négoce exigera un volume qu’il est “capable” de vendre dès la réouverture des lieux de vie dans le monde jusqu’en décembre. Quant au vignoble lié par des contrats avec le négoce, dont la très grande majorité a été renouvelée l’année dernière, il exigera un volume qui protège l’équilibre économique de ses exploitations.

Rendez-vous le 18 août prochain pour connaître le résultat final de ces négociations “tendues” !

[1] Estimation de récolte 2020 - VILLERS-MARMERY, Champagne A. Margaine


[2] Chiffres de l’Union des Maisons de Champagne : https://maisons-champagne.com/fr/encyclopedies/vendanges-par-millesime/


[3] Art. 4 Décret du 18 avril 1997 modifiant le décret du 17 octobre 1952 relatif à l'appellation d'origine contrôlée << Champagne >> - J.O Numero 97 du 25 Avril 1997 http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=FCEC9700017D https://www.inao.gouv.fr/eng/show_texte/409


[4] Le champagne : de la tradition à la science, Bruno DUTEURTRE, 2010, p. 318


[5] Martin Cubertafond, Martin Cubertafond,“Stratégies et Marketing du Champagne, p. 21



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